La Nouvelle République du Centre-Ouest de ce jeudi 26 janvier rapporte le démantèlement, par les gendarmes d'Indre-et-Loire, d'un trafic de faux portant sur au moins 195 840 bouteilles en 4 ans !

Un aimable retraité d'Indre-et-Loire achetait un quelconque vin mousseux à 0,84 € la bouteille, par palettes entières dans une grande surface de la région, prenait le soin d'enlever les étiquettes en trempant les bouteilles dans l'eau, et revendait la marchandise dans les Deux-Sèvres à 2,21 € la bouteille.

Auprès de particuliers ou de comités d'entreprise, le retraité s'est constitué un magot de 300 000 € en écoulant en 4 ans au moins 195 840 bouteilles, ce qui représente la quantité produite en 4 ans par un domaine de plus de 5 hectares !

Moralité de l'histoire : la prochaine fois que l'on vous propose un "bon petit vin pas cher" ou une "super affaire en direct du vigneron", prenez le temps d'y réfléchir à deux fois.

Au mieux il s'agira d'un vin produit au-delà des rendements autorisés et n'ayant probablement jamais obtenu l'agrément de l'Inao. Au pire il s'agira d'un quelconque vin de table ou d'un mélange de vins de différents pays de la communauté européenne.

En Touraine, le prix de revient d'un litre de vin en vrac est estimé au minimum à 1,20 €, celui d'une bouteille à 2,50 € et celui d'une bouteille de vin effervescent à 3,40 €. En dessous de ces prix de revient, les bonnes affaires ont de fortes chances d'être de vraies arnaques ! Retenez aussi que la réglementation européenne (Règlement 1493-1999 annexe 8 point I sous-point 5) précise que les vins effervescents d'appelation d'origine contrôlée "ne peuvent être mis en circulation que si le nom de la région déterminée auquel ils ont droit est inscrit sur le bouchon et si les bouteilles sont munies d'une étiquette dès le départ du lieu d'élaboration". Même si le vin est vendu "en direct" par un producteur, il y aura toujours écrit "Vouvray" sur le bouchon d'une bouteille de Vouvray. Et dans tout autre cas, il s'agit forcément d'une arnaque.

Mais il existe visiblement quelques consommateurs qui ont envie de prendre leurs vessies pour des lanternes...

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